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Le jour où j’ai vu plus loin que le bout de mon masque

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Aujourd’hui, je cède avec grand plaisir la parole à Thibaut qui  souhaite partager avec nous une réflexion pleine de bienveillance qui l’a frappé récemment sur le port du masque en pleine crise de la Covid19.

Thibaut est français et papa d’un petit garçon. Il est aussi praticien en Hypnose Ericksonienne au sein de son cabinet Hypnose et Transition. Pendant la crise de la Covid19, il propose généreusement des consultations de soutiens aux enseignants.

Ce matin, j’ai pris conscience d’une chose qui m’a profondément touchée.

Cela fait presque un an que nous portons un masque pour sortir. J’ai toujours vu cela comme une contrainte, un mal nécessaire, mais ce matin, tout a changé.

J’ai été envahi par un sentiment de gratitude. C’était comme si mon visage s’ouvrait. Je me suis rendu compte que, pour beaucoup d’entre nous, nous ne portons pas un masque seulement par conformité, parce qu’on nous l’a dit, parce que nous sommes obéissants ou parce que nous avons peur d’une amende ou du regard des autres. Nous ne portons pas un masque parce que nous croyons, sans les remettre en question, en des mots creux et vides de sens. Ce n’est pas non plus parce que nous nous sentons protégés par le masque. Pas uniquement. Ce matin, d’autres raisons me sont apparues.

Porter un masque pour protéger les autres

J’ai donc pris conscience que ce qui nous paraît important, n’est pas tant de porter le masque que de protéger les autres.

Le masque, parce qu’il s’impose au regard, témoigne en effet, et de manière parfaitement visible et évidente, de cette volonté de protéger les autres. La boulangère quand j’achète mon pain, l’institutrice et les autres parents quand je vais chercher mon fils à l’école, mes voisins de siège dans les transports en commun… Tous me protègent et ce malgré la contrainte, malgré la difficulté d’entrer en relation avec les autres, déshumanisés parce que privés de visage. Et c’est sans parler du côté infantilisant de la communication qui accompagne les incitations à porter le masque. S’il n’y avait eu que ces désagréments, beaucoup auraient déjà lâché l’affaire.

masque covid19

Porter le masque comme un acte d'amour

Or, nous portons le masque dans toutes les circonstances qui le nécessitent et ce, la plupart du temps, sans rechigner. Nous faisons passer notre égo et notre confort au second plan. Le masque pourrait être alors une sorte de symbole, d’étendard affichant notre altruisme. Ce message  pourrait se formuler ainsi :

« Je veux te protéger malgré la contrainte car je considère que tu en vaux la peine. Je te considère en tant que personne. Je te considère en tant qu’être humain».

Cet altruisme est l’une des formes de l’amour. Lorsque nous portons le masque c’est aussi ce dont nous témoignons.

Ce qui m’a le plus ému, c’est de me rendre compte que, presque malgré nous, simplement en portant le masque, nous montrons cet amour.  C’est comme si nous dévoilions à notre insu ce que nous avons de plus beau au fond du cœur. Car pour la plupart, c’est tout à fait normal, normal de protéger les autres, même ceux que nous ne connaissons pas.

Pourquoi ne voir le port du masque qu'en aspect négatif de la Covid19 ?

Malheureusement, cet aspect valorisant et positif n’apparait pas dans le message martelé au quotidien. Ce qui est véhiculé est même l’inverse. Ceux qui portent le masque n’auraient aucun mérite, le porter devrait être un dû et n’aurait aucune valeur en soi. En revanche, ceux qui ne le font pas seraient des monstres d’égoïsme, des personnes aveugles et sans cœur. Cette façon de présenter les choses sous un angle uniquement négatif, ôte à cet acte toute sa dimension humaine, tout le mérite, la beauté, le bonheur même qu’il peut y avoir à faire ce geste.

protection

Le vocabulaire employé, lui-même, en dit long. On parle de « gestes barrières ». S’ils constituent bien une barrière entre le virus et nous, ils n’en représentent pas moins aussi une barrière entre nous et les autres. Ceci crée même un fossé de rancœur entre ceux qui portent le masque et ceux qui ne le portent pas. On a choisi de voir la situation comme « un combat contre un virus ». Mais qu’est-ce qui nous empêche de la regarder comme « une improbable opportunité de nous rapprocher »?  Ne peut-on pas considérer ce « geste barrière » comme un « geste d’amour»?

Qu’est-ce qui nous empêche de regarder les choses sous l’angle positif ? Ne peut-on sortir des schémas et des habitudes dans lesquels nous sommes enfermés depuis des années ? Pourquoi ne peut-on pas s’ouvrir pour cesser de voir et de créer des dissensions? Qu’est ce qui nous  empêche de laisser la peur et le ressentiment et de voir le côté positif des choses?

Rien en fait.

Choisir de considérer le port du masque comme une preuve d'amour

Ce matin, un renversement s’est donc produit, une révolution même. J’ai réalisé que l’inverse était possible et surtout que j’avais le choix.

Après tout, nous vivons au cœur de croyances. A tel point que certains nient l’existence-même du virus. Et de toute façon, nous ne sommes pas dans la tête des autres, nous ne savons pas ce qu’il s’y passe.

port masque

J’ai donc décidé de considérer les gens qui portaient un masque contre la Covid19 comme des personnes qui prenaient soin de moi, qui faisaient un geste d’amour. J’ai choisi d’adopter cette perspective pour regarder les autres. C’est le masque qui me permet enfin de remarquer ce que je n’avais pas vu avant. Et ce malgré le discours social qui nous martèle que nous sommes de plus en plus égoïstes et individualistes. Même si nous entendons souvent que parler d’amour relève d’une forme de naïveté, il suffit de regarder les gens dans la rue, avec leur masque, pour se dire que malgré tous ces messages négatifs, notre vraie nature est peut-être que nous aimons aimer.

Mais ma prise de conscience ne s’est pas arrêtée là.

Se libérer en changeant de regard

J’ai du même coup compris que les choses ont uniquement la valeur qu’on leur accorde. Nous pouvons choisir la façon dont nous regardons ce qui nous entoure. Dès lors que nous cessons de mettre toute notre énergie à croire à ce qui nous fait du mal, nous cessons du même coup de donner à ces croyances du pouvoir sur nous. Nous pouvons ainsi opter pour une vision qui nous correspond mieux.

port masque

En renversant le sens que prenait le port du masque pour moi, j’ai cessé de m’attacher à chercher une vérité que je ne connaîtrai jamais. Cette recherche m’enfermait. Au lieu de cela, je me suis laissé, à la place, la possibilité d’une nouvelle ouverture au monde.

Je me suis trouvé ainsi libéré. J’ai ainsi vu les gens qui m’entouraient exprimer de la considération pour moi et l’afficher sur leur visage. C’est un changement radical.

Cela veut dire qu’il nous est permis de voir de l’espoir là où il y avait du désespoir. Simplement par la prise de conscience de nos croyances, nous pouvons nous libérer de valeurs qui ne nous correspondent plus et choisir une autre voie, une autre manière de vivre en société.

S'offrir la beauté pour vivre ensemble

Puissiez-vous, vous aussi, tout comme moi, comprendre ce geste comme un geste d’amour envers vous. Peut-être qu’alors, croiser des gens dans la rue sera pour vous aussi, et encore plus qu’avant cette drôle de période, une source de gratitude et de réjouissance.

Et, si beaucoup d’entre nous,  percevaient cela et prenaient conscience qu’ils peuvent changer leurs croyances, peut-être pourrions-nous transformer notre façon de vivre ensemble ? La société que nous formons pourrait ainsi être plus adaptée à ce que nous sommes en réalité.

Si vous voyez et ressentez cela, ne passez pas à côté d’une occasion de vous laisser toucher par la beauté. Elle est présente partout au quotidien, même dans les situations qui en semblent le plus éloignées. Il s’agit juste d’apprendre à la voir.

Merci donc ! Je vous aime aussi !

Au-delà ce post sur le port du masque contre la Covid19, n’hésitez pas à retrouver Thibaut sur son blog et sur Facebook.

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