Un peu de bienveillance, M. Obama !

Un peu de bienveillance, M. Obama !

L’autre matin, j’écoutais d’une oreille distraite les chroniques de la matinale de France Inter. Et ce, jusqu’au moment où l’un des chroniqueurs s’est mis à parler d’un passage du 1er tome des mémoires de Barack Obama, Une Terre Promise.

Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que mon intention ici n’est en aucun cas de parler de politique ou de prendre position politiquement. Je reste sur mon terrain de prédilection, car je pense en effet que M.Obama mériterait de faire preuve d’un peu de bienveillance!  Et vous allez rapidement comprendre pourquoi.

"Une terre promise", extrait

Une terre promise est le 1er tome des mémoires de la Présidence Obama. C’est donc le genre d’ouvrage où un Président s’épanche avec sagesse sur ses souvenirs, ses expériences pour éclairer la postérité et laisser sa trace et sa version de l’Histoire. Tous les chefs d’État se plient à l’exercice et ce sont généralement des livres fleuves, flatteurs, où l’auteur se montre sous son plus beau jour.

Dans le cas de M. Obama, ce n’est pas son premier livre. Il est même plutôt habitué à ces exercices de communication, son grand point fort.

Et pourtant.

Voici donc l’extrait du texte qui m’a interpellée.

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© Fayard

« Sarkozy, en revanche, était tout en emportements émotifs et en propos hyperboliques. Avec sa peau mate, ses traits expressifs, vaguement méditerranéens (son père était hongrois, son grand-père maternel juif grec), et de petite taille (il mesurait à peu près 1,66 mètre, mais portait des talonnettes pour se grandir), on aurait dit un personnage sorti d’un tableau de Toulouse-Lautrec.»

Une description acerbe

Comme beaucoup, j’ai apprécié la Présidence Obama, que ce soit grâce au charisme du personnage, au symbole qu’il portait ou par l’alternative qu’il offrait après G.W.Bush. Sur de nombreux points de vue, il représente pour moi le Président Américain comme on l’imagine. Sans être experte ni en politique ni en diplomatie, j’ai toujours respecté l’homme que je trouvais iconique.

Nicolas Sarkozy est un autre type de Président et de personnage. Il m’est toujours difficile de regarder objectivement ses mandats, sa carrière politique ou sa personnalité. Certainement parce que je suis française.

Quoiqu’il en soit, ce qui m’a choquée dans cette description, c’est le niveau très acerbe des comparaisons, le choix des qualificatifs qui ne sont pas à la hauteur de l’homme qui écrit ces lignes. Et encore moins à la hauteur des mémoires d’un Président.

Ne jamais franchir la ligne blanche

J’y vois ici le même niveau de mesquinerie que ce que l’on peut endurer dans certains débats de mauvaise qualité ou ce que l’on peut trouver sur les réseaux sociaux. J’y retrouve les méchancetés que j’entendais ou endurait au lycée ou au collège.

Pour qui connait le travail admirable de Toulouse-Lautrec, on ne peut que grimacer d’être comparé aux êtres difformes et souvent grotesques qui peuplent ses toiles extraordinaires.

Et c’est ce qui me choque ici. Pourquoi, alors que M.Obama a toute l’opportunité de raconter les faits de son point de vue, de valoriser son bilan par rapport aux autres chefs d’états, pourquoi choisit-il l’arme la plus mordante ?

Dans ma carrière, lorsque j’étais amenée à mener des négociations, mes managers et formateurs m’ont toujours appris qu’il existait une ligne blanche à ne jamais franchir. Tout peut être attaqué, discuté, contesté, rejeté tant qu’on ne s’attaque pas à l’intégrité de la personne elle-même. C’est à dire qu’on ne peut s’attaquer ni au physique, ni aux valeurs, ni à la vie privée de son interlocuteur. Il y a toujours d’autres façons de faire ou de déstabiliser son adversaire.

Force est de constater ici que M.Obama a franchi cette ligne blanche, base du respect et de la bienveillance en communication.

La Bienveillance n'est toujours pas considérée comme une force ​

Au final, ce que m’évoque ce texte, c’est que la Bienveillance est une rareté qui peine à s’imposer.

Si un homme qui, pendant plusieurs années, a été l’un des plus puissants au monde et n’a plus rien à prouver à personne, choisit la moquerie pour illustrer ses mémoires, quel enseignement cela laisse-t-il aux générations futures?

Quel exemple ce genre de texte donne-t-il à celles et ceux qui rêvent de pouvoir ? Qu’il faut continuer à écraser et mépriser l’autre pour dominer et conquérir ?

Et pourtant, qu’est ce qui demande le plus de force ?

Railler, moquer, critiquer? Ou pardonner, aider, remercier, créer, persévérer, écouter, croire tout en étant fidèle et respectueux de soi-même et des autres?

Je rêve de voir un jour toutes ces valeurs mises en avant sur la place publique, par nos dirigeants et les gens de pouvoirs.

Je rêve qu’un jour, je puisse lire les mémoires d’un grand Président où malgré l’adversité, j’y trouverais l’inspiration et la bienveillance dont mes fils ont besoin pour construire le monde de demain.

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